Nostalgie des jours où je me souciais de rien, où je regardais dragon Ball à la télé pour apprendre à faire des KAMIAMIA, des playmobils que je lançais du haut du balcon avec un sac plastique, des journées ski de fond aux glières et des meringues... des jours où je me coupais car j'avais sauté par dessus les barbelés pour aller voir les vaches, ces journées au fond des bois à construire des cabanes, des histoires d'horreur et l'appel des esprits...
ces jours où on jouait au foot contre les poubelles, où je faisais des conneries avec mon frère, où il me défendait contre les grands... ce jour où j'ai appris à faire du vélo, et me suis pris une poutre avant de faire un salto avant, les entrainements de tennis de table et les compétitions où je gagnais, mon surnom de "poussin" parce que je mettais des pulls jaunes fluo, mon premier copain pendant le voyage en bretagne, les jours d'orages où je me cachais sous des couvertures avec mon chien... Tous ces petits moments dont on se souvient et qui nous construisent..
Et on grandis, on découvre le monde, on découvre les gens...
j'me rapelle qu'il ne m'a plus défendu et que les grands m'ont frappés tous les matins, j'me rapelle qu'on m'a mis à l'écart à cause de ma taille, j'me rapelle que cette fille m'a dit "pourquoi tu portes pas des vetements de marque?", que lui c'était mon meilleur ami et que ca n'aurait pas du changer, j'me rapelle que le chomage, c'est jamais bon dans une famille, que l'amour et l'affection c'est pour les autres mais qu'ici ca n'existe pas, j'me rapelle de ma première coupure, et des années de merde qui ont suivies, j'me rapelle que les fils électriques étaient trop hauts, que certains jours je pleurais sans raison, j'me rapelle de ces profs qui me rabaissaient, des remarques qui changeaient sur mon bulletin mais que personne n'a remarqué, de mon changement moral, j'me rapelle des larmes que personne ne voyait, j'me rapelle qu'ils n'ont rien entendu quand je leur ai tout dit...
j'me rapelle de ce jour où il a essayé d'aller plus loin et où je l'ai rejeté par peur, j'me rapelle des baffes que j'ai distribué quand un homme voulait me prendre dans ses bras, des "non" quand on m'approchait en boite, j'me rapelle de mon premier boulot et des conséquences qui en suivirent, j'me rapelle de lui qui m'a brisé, de lui à qui je n'ai pas su parler, j'me rapelle que le bac ca vaut rien aujourd'hui, que l'alcool et la clope, ca apporte rien de bon quand on déprime, j'me rapelle que c'est sylvie qui aurait du prendre la place du miroir, j'me rapelle que de la voir morte c'est la pire image qu'on peut garder en souvenir, que lui a préféré se tirer une balle dans la tête alors que j'étais à peine née, j'me rapelle que youpi ne pouvait plus marcher, et qu'il s'arrachait la peau avant d'être piqué, j'me rapelle que chaque fois que ma vie commencait à être stable, tout se cassait la gueule...
j'me rapelle qu'à chaque bouchée de nutella, elle était là pour dire que c'est "calorifique et que je vais encore grossir", j'me rapelle que j'ai dit que tout allais bien aux médecins en me cachant sous des vetements, j'me rapelle des crises d'ashtmes et de la poussière, des rêves où je fuyais, des respirations fantomes que j'entendais dans ma chambre et qui me terrorisaient, j'me rapelle de l'hopital et de sa cicatrice, du jour ou on m'a dit la vérité sur ma famille, j'me rapelle des gens qui jugeaient sans me connaitre..[/c].
j'me rappelle que la vie c'est jamais simple, que je suis souvent mélancolique, mais qu'au fond, même si elle fait souffrir, il faut garder courage et ne jamais baisser les bras.